Je ne sais pas où sont passés toutes ces semaines, tous ces mois depuis que j’ai commencé à travailler à Saint-Sulpice. Le temps – la construction humaine du temps dont l’image la plus marquante reste les grains qui s’égouttent régulièrement à travers le sablier – me glisse entre les doigts, et j’ai du mal à me dire qu’il a passé : j’ai 29 ans (comment est-ce arrivé ?), je suis mariée depuis un peu plus d’un an (sérieux ?), je travaille depuis 4 ans (j’hallucine…), j’ai quitté la maison de mes parents depuis plus de 2 ans… Ces dates et ces chiffres ne veulent rien dire. J’ai l’impression que c’était hier, j’ai l’impression que c’était il y a mille ans.
Je gère mal le changement. Parce que je ne contrôle pas le changement. C’est une des principales problématiques sur lesquelles je travaille avec ma psy (ça – et le fait que mon corps force des réactions psychosomatiques incompréhensibles sur lui-même pour m’empêcher d’aller travailler – mais ce sera une discussion pour un autre jour).
Pour revenir au travail, j’ai l’impression de n’arriver à rien – après plusieurs mois, c’est particulièrement frustrant – et de tourner en rond. S’ajoute à cela le fait que je n’ai vraiment, mais vraiment pas envie de travailler. J’en viens même à me demander si ce n’est pas une réaction générationnelle face aux remarques de ceux qui nous ont précédés. Combien de fois ai-je entendu l’expression « épanouissement au travail » ou « vivre de sa passion » ? Pour moi, ça n’a simplement aucun sens. Je trouve néanmoins assez terrible de me dire que mon travail est purement alimentaire ; parce que ce n’est pas comme si je n’aimais pas du tout mon travail. Non, mon travail est intéressant et offre même quelques défis intellectuels qui peuvent m’occuper de manière satisfaisante. Mais de là à parler de passion ou d’épanouissement, il y a un pas énorme.
Et m’en voilà réduite à parler de mon travail au travail, dès le matin, pour la simple et bonne raison (bon d’accord, peut-être n’est-ce pas une bonne raison, mais franchement, je vous zute) que je n’ai envie de commencer à travailler. Ma petite collègue étant arrivée, arrêtons la procrastination. ~Ja ne !
Kiss kiss.
NB : Effectivement, j’ai désormais une double conclusion à mes posts, mais peu importe.