Le miracle de l’année

16 06 2009

Je ne sais pas comment c’est arrivé. Peut-être est-ce l’influence de ma chère C. et de ses régulières publications sur Fanfiction – sur lequel je lis avidement : mes préférés sur Hikaru no Go, D.Gray-Man, Sukisho, Hunter X Hunter, Junjou Romantica et Ouran High School Host Club – ou les nouveaux plaisirs de l’édition que j’ai découverts grâce à Angel Israfel – qui, à l’âge de 19 ans, est très douée pour monter des intrigues et raconter des histoires, mais qui aurait définitivement dû apprendre à écrire avant, parce que mes corrections ont tendance à rajouter 1 à 2 pages à ses textes (qui en font 12 ou 13 par chapitre… ça vous laisse imaginer l’étendue de mon « travail » à ce niveau, moi qui suis avant tout une puriste de l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et la rythmique textuelle… Oui, c’est vraiment du boulot). Mais tout ça pour dire, ça doit bien faire 3 semaines que je n’ai pas regardé sérieusement la télévision. Sans rire. Pas de séries à la con, pas d’émissions débiles, pas d’Experts ou de New York machin truc (une des 4 existantes – suivant ce qui passe en ce moment), pas d’Esprits Criminels, de Bones, de NCIS, de Feux de l’Amour… Rien. Quand on pense qu’avant cet épisode – que dis-je, je devrais appeler ça une crise mystique – ma télévision représentait une part de 5 à 7 heures quotidiennes dans ma vie, le bouleversement est total et abrupt. Et parfaitement imprévisible.

Par contre, contrairement à la télévision qui me tenait un peu en laisse grâce aux horaires de « peu importe ce qui passe en ce moment, je regarde »,mon ordinateur n’ayant pas d’emploi du temps particulier, mes sleep patterns sont complètement HS. Un exemple ? Je me suis réveillée vers 15h ce lundi (et ai de fait annulé mon rendez-vous chez le kiné, je ne me voyais pas faire des exercices en piscine au saut du lit) et je suis partie travailler ce mardi matin sans une heure de sommeil depuis. Je suis muerta. Kaput. Mes prises de médicaments sont également complètement… désorganisées. C’est pas bien, mauvaise fille.

Je me rends compte que je ne vais pas tenir longtemps comme ça – en fait si, je pourrais mais pas sans devenir un peu plus tarée que je ne suis déjà. Du coup, je me demande si ça ne vaudrait pas le coup de repasser à un rythme hebdomadaire de séances avec ma psy plutôt qu’au rythme bimensuel actuel. Qui ne voit pas le rapport ? C’est simple pourtant, je n’ai aucun contrôle sur mon rythme de vie – et c’est pas faute d’essayer. Anxiété inconsciente ? Fainéantise aiguë ? Je ne sais pas mais le problème vaut d’être exploré. Ma vie quotidienne n’en serait que plus facile, ne serait-ce se lever le matin pour aller travailler après avoir dormi la nuit (je sais, très métro-boulot-dodo, mais ce serait pas mal que pour une fois ma vie chaotique cesse d’influencer mes performances de travail). Allez… je vous laisse deviner d’où je vous écris… Non ? De mon poste de travail bien sûr, ce qui prouve bien mon point : je fais autre chose que travailler parce que je n’ai plus le temps d’updater mon blog à partir de la maison. Enfin, disons que je ne prends plus le temps parce que je fais d’autres choses – et que ces autres choses ne comprennent ni la vaisselle, ni le dîner le soir (je ne compte plus le nombre de jeûnes nocturnes de ces dernières semaines – j’ai enfin perdu du poids mais mon pauvre P. ne mange plus non plus), ni la lessive, ni aucune autre tâche ménagère…~Ja ne !

Kiss kiss.





Kiss kiss

6 06 2009

D’où vient donc l’expression Kiss kiss que j’utilise à la fin de chacun de mes posts ? Oui, je sais, j’ai promis un article entier sur l’œuvre d’Anne Bishop, mais ça va probablement être extrêmement long – il y a tellement à dire et à partager sur le sujet que je ne suis pas certaine de réussir à finir ça dans un futur proche – donc m’en voilà réduite à approcher le sujet juste comme ça.

Kiss kiss, c’est l’expression de base de Karla, Queen of Glacia dans le royaume de Kaeleer (l’histoire est compliquée donc, pour plus de détails, il faudra attendre l’article ci-dessus sus-mentionné). C’est à la fois ce qu’elle dit pour dire bonjour, au revoir, c’est une expression d’amitié, de moquerie ou simplement pour remplir les blancs d’une conversation. Kiss kiss, c’est dire qu’on embrasse sans embrasser. C’est une expression d’endearment, qu’on utilise avec ses proches pour dire qu’on les aime sans avoir de contact physique avec eux. Ca veut tout dire et rien dire. C’est dire « Je t’aime », sans le dire. Et c’est comme ça que je conclus.

Kiss kiss.





Back to work

2 06 2009

De retour au boulot après deux semaines idylliques à ne rien faire d’autre que de lire, encore et encore – ah, deux semaines de vacances bien trop courtes à mon goût, si seulement je pouvais vivre comme ça en permanence… mon rythme personnel n’est vraiment pas adapté à la vie en société et au travail, je préfère mille fois rester debout pendant 30 heures puis dormir 12 heures, que d’essayer de m’insérer dans un cycle de 24 heures, pas assez de temps pour moi métro/boulot/dodo, argh… –  il faut que je retrouve mes marques et que je fasse de la production de masse. Maîtres mots pour les 3 prochains mois ? Performance, efficacité et productivité. Je sens que ça va me gaver. En plus, j’ai un débit horaire de 10h10 à rattraper. B*tch

Je sens que je vais passer pas mal de temps à écrire, juste pour passer le temps, parce que travailler pendant 8 ou 9 heures d’affilée, je ne suis pas particulièrement tentée. Heureusement, aujourd’hui, une collègue de travail A. fête son anniversaire. Ca veut dire pot pour tout le monde. Et au moins, ça me donnera moins l’impression d’être une comptable qui manipule des tonnes et des tonnes de chiffres en permanence. D’autant que je ne suis pas comptable.

Je suis incapable de me concentrer, c’est terrible. J’ai des tonnes de trucs à faire ; le chef n’a que ses stats en tête, d’autant que le service est terriblement en retard (comme d’habitude, si on ne nous donnait pas des objectifs inatteignables, je suis persuadée que nos résultats seraient bien meilleurs). Et je whine parce que j’arrive pas à trouver des dossiers.

Incapable de me concentrer pour la simple et bonne raison que j’ai masse fics qui me tournent dans la tête ; et pour cause, j’ai dû en lire plus d’une centaine (certainement plus d’une centaine, c’est dur de garder le compte), en plus de NWS de C. Certaines sont excellentes – dans tous les sens du terme, un style défini, une grammaire et orthographe impeccables, une histoire passionnante, pleines de passion, d’humour ou de sentiments angstiens – d’autres sont juste rigolotes, et certaines sont simplement mauvaises. En effet, je ne vois pas comment on peut faire une bonne fic (en particulier si lemon il y a) en moins de 2000 ou 3000 mots. C’est simplement totalement impossible. Ca me tente de m’y mettre, mais je trouve difficile de donner forme à mes pensées en français. Oui, plus je lis en anglais et plus je me dis que c’est une langue qui a tous les avantages : simple, qui va droit au but, ultra-descriptive et évocatrice, bien plus que la langue de Molière qui se prête plus à la littérature qu’aux drabbles qui peuvent hanter mon esprit. La question qui se pose alors est d’une importance cruciale : ma maîtrise de la langue de Shakespeare est-elle suffisante pour me permettre d’écrire en anglais sans avoir l’air d’une analphabète qui utilise le clavier de son ordinateur avec ses genoux… Je suis à la fois très sûre de moi et en plein doute. Et le passe-temps est-il assez intéressant pour que je me lance dedans ?

Questions, questions, que de questions. Déjà que je néglige ce blog (ce qui, en soi, n’est pas une surprise pour moi, c’est pas comme si je ne m’y attendais pas… j’ai toujours eu du mal à poursuivre mes activités sans les abandonner à demi ou les placer au second plan), que se passera-t-il quand si je décide d’écrire davantage ? Je risque de me perdre dans un monde d’illusions, entourée de protagonistes éphémères et être incapable de réelles activités dans le monde réel… Bon, je ne me leurre pas non plus, c’est déjà partiellement le cas avec la lecture. J’aspire les mondes fantastiques que je lis pour les faire miens, je caresse les personnages du bout des doigts, je vois à travers leurs yeux, je ressens leurs émotions et les fait miennes ; l’empathie qui devrait être réservée aux autres êtres humains qui m’entourent (famille, collègues, amis) se tourne vers des héros de papier – je le sais, et je ne m’en plains pas, c’est définitivement plus satisfaisant que de ressentir cette empathie face à la souffrance réelle du monde, aux victimes réelles de la vie, à la réalité. La réalité – au sens large évidemment – n’est pas quelque chose que j’aime. Trop de douleurs, trop de souffrances, trop d’horreurs pour que j’arrive à supporter tout cela ; d’ailleurs une des raisons qui m’a fait abandonner la perspective de travailler dans le journalisme. Le réel n’est pas fait pour quelqu’un comme moi. Et je vois de là les gens me dire… Voyons…

1)       « Tu ne peux pas te voiler la face, face à ce qui se passe dans le monde » : Mais si, je peux.

2)       « Ce que tu ressens ne sont pas de vraies émotions si elles ne sont pas générées par quelque chose de réel » : Qu’est-ce que tu en sais, crétin ?

3)       « Il y a aussi des choses merveilleuses dans le monde réel » : Non, il y a de bonnes choses dans le monde réel mais le merveilleux n’en fait définitivement pas partie. Le merveilleux et le réel ne font pas bon ménage. La définition-même du mot merveilleux l’exclut de fait du réel. Le merveilleux, c’est comme la foi. On ne peut pas la voir, pas la définir, pas la prouver. Le merveilleux, ce sont les nymphes des ruisseaux, les dryades des bois et les fées qui nous entourent partout, tout le temps. Et je viens de prouver à 99 % des gens que le merveilleux n’a pas sa place dans le réel. Parce que sérieusement, combien de personnes pensent que les fées existent, pour de vrai, dans le monde tel que nous le connaissons ? Les enfants ne comptent pas. Moi non plus. Alors, combien ?

4)       « A force de vivre dans tes livres, tu rates tout ce qui se passe dans ta vie » : Oui !!! Mille fois oui !!! Je dirais même que c’est le but. Je suis une personne moyenne, sans grande ambition, dont la vie est sympa mais pas extraordinaire (je ne parle pas pour toi P., avec toi les choses sont extraordinaires, mais c’est plus un coup de chance qu’on se soit rencontrés qu’autre chose) et franchement, mes livres sont plus palpitants que ma vie. C’est la raison pour laquelle je lis. Et pas la peine de me sortir de conneries New Age comme quoi si je prenais ma vie en main, tout serait extraordinaire, parce que Bullshit.

5)       « Ce n’est pas un comportement adulte » : Sans blague ? Et qui a décidé que je devais être adulte ? Je ne veux pas devenir adulte, ça m’emmerde plus qu’autre chose. Déjà que je dois faire le ménage, la bouffe et le linge… si en plus je dois penser comme une adulte, j’ai plus qu’à chercher une corde pour me pendre.

6)       « Voyons, ma chérie, ce n’est pas sain de vivre comme ça » : Rhaaaa, je viens d’entendre ma mère ! Qu’est-ce que ma mère vient faire sur mon blog ?!

7)       « T’es bizarre, comme fille… » : Merci, merci. Je prends ça comme un compliment, parce que c’en est un.

Bon assez, je crois que j’ai bien prouvé ce que je voulais prouver. En digressant, comme d’habitude. Le point d’origine étant : est-ce que je décide d’écrire un peu ou pas, et en anglais ou pas… Je pense que ça va me demander encore un peu de réflexion… Par contre, éditer… Je sais pas, l’idée m’est venue comme ça, mais je pense que ça pourrait être particulièrement intéressant, d’être la bêta de quelqu’un ; en plus, un de mes auteurs a visiblement besoin d’un bêta, je pourrais peut-être lui proposer.

nightangel1Sinon, mes dernières lectures, The Night Angel Trilogy par Brent Weeks. J’adore les assassins. Jnightangel2e parle bien sûr à nouveau de a/ personnages de roman (et pas des tueurs qui nous entourent – comme dans le cas où le frère d’une ancienne camarade d’école était pote avec Guy Georges ; brrrrr, ça me fait froid dans le dos) et b/ science fiction / fantasy (parce qu’en fait, les romans policiers, très peu pour moi). Les couvertures des bouquins (en anglais) sont fantastiques, elles sont été faites à partir d’un modèle vivant – c’est trop la classe (oui, je sais, je me remets à parler comme une fangirl hystérique de 16 ans… wtf ? « c’est trop la classe » ? *ricane*). Enfin voilà, il y avait déjà Robin Hobb – que je salue bien bas pour son œuvre et pour talent – et maintenant Brent Weeks, nightangel3dont la vision d’assassin est particulièrement intéressante : « Assassins have targets but wetboys have deaders… I was a wetboy ». Terrible. Et à la question, est-ce que cette tarée est en train de fantasmer sur un monde inexistant sorti de l’imagination d’un gars qui vit à l’autre bout de la planète ? La réponse est oui, bien sûr. J’admire les gens qui ont le talent de me faire rêver, imaginer, fantasmer…

Bon assez, mon chef vient de passer dans mon bureau – et, oh boy, je suis vraiment douée pour avoir l’air de travailler quand je fais totalement autre chose, ça doit sans doute être mon air innocent et concentré – et, chop chop, je dois me remettre sur mes dossiers.

Kiss kiss.

NB : Je pourrais écrire comme ça pendant des heures. Mais je doute que ça intéresse grand monde. Je m’y remettrais plus tard, parce que j’ai pas trop le temps. Oui, le fait que ça n’intéresse pas grand monde ne m’intéresse pas non plus. ~Ja ne !





Moi et mes livres

6 04 2009

J’achète souvent des livres complètement par hasard. Je ne veux pas dire que je ne me rends pas compte que j’achète des livres, mais que mon choix se porte souvent sur des choses que je ne connais pas encore, et que donc… Oh, merde, je vais quand même pas tout expliquer.

J’achète un livre d’un auteur ; si ce livre fait partie d’un tout, le plus souvent j’achète toute la série. Ce qui souvent est un gain de temps : quand j’accroche sur un auteur, je lis en général le premier livre tellement vite que je serais frustrée si je n’avais pas les suivants directement à ma disposition. Bien sûr, c’est quelque chose qui peut aussi me jouer des tours. Un exemple : la trilogie The Mirage Makers de Glenda Larke ; après le premier tome, qui a été une telle déception – tant en terme de style (qui se trouve être infantile et mal écrit) qu’en terme d’histoire (qu’est-ce que c’est NUL !) – je n’ai pas pu me résoudre à lire les deux tomes suivants, et je vais m’en séparer sans en avoir ouvert une page. C’est particulièrement difficile pour moi de me séparer des livres, même ceux que je considère comme étant des merdes intersidérales ; impossible de les jeter (c’est comme ça, on ne jette pas les livres, ça correspond à faire un autodafé, et je ne peux pas) ; et je suis bien trop paresseuse pour prendre le temps une ou deux fois par mois d’aller les revendre, j’ai l’impression que je bousille de précieuses minutes – que dis-je, de précieuses heures – que je pourrais passer à faire autre chose, la plupart du temps, rien. Non, non, ce n’est pas une exagération, j’adore vraiment ne rien faire. Alors quelques centaines de livres traînent un peu partout dans mon petit appartement. Ça ne peut plus durer.

Résolution : dès que mon temps partiel commence (le 20 avril), je vais avoir une journée de plus dans la semaine pour faire toutes ces choses que je ne peux pas / ne veux pas / oublie de (volontairement ou non) faire et débarrasser mon petit chez-moi de ce trop plein de papier encombrant. Bien sûr, mes résolutions ne sont jamais immédiates, il y a toujours ce temps de latence entre le “maintenant maintenant” et le “maintenant je mets en œuvre ma résolution”. Ce qui explique probablement pourquoi mes résolutions n’ont jamais abouti à grand chose.

Que faire ? Que faire ?

NDLR : Je ne suis pas complètement dingue, mais si je l’étais, je crois que je rigolerais à plein poumons tellement cette situation a un côté déjà-vu. Le déjà-vu lui-même est un déjà-vu. Il s’agit d’une situation de déjà-vu mise en abîme. Je ne crois pas que je vais m’en sortir. En fait, je me contente de ricaner, mon corps tremblotant de manière pathétique pour contenir l’éclat de rire démentiel qui menace de poindre. Je suis sans aucun doute complètement dingue.

NDLR 2 : Mwwaaaahhhhhahahaha !  (rire maléfique – pour ceux qui ne suivent pas) Blogguer est véritablement d’un grand secours pour moi puisque cet après-midi – en congé de mon boulot -, j’ai eu l’audace, que dis-je la témérité, que dis-je le COURAGE ! Oui, le courage ! de prendre ces dizaines et dizaines de bouquins pour aller les vendre ! 120 livres, 23 mangas et 6 DVD ! Une valise entière, deux sacs à dos et me voilà en vadrouille dans Paris pour aller vendre mes bouquins ! DU JAMAIS VU !!! J’en ai tiré la mirifique et phénoménale somme de 14 euros, QUATORZE euros, presque trois heures entières de perdues à tout jamais et la délicieuse satisfaction de ne plus les voir encombrer mon appartement.

Et pour la peine, je voulais attendre mercredi pour poster comme promis, et non ! Je poste là maintenant !





Je n’arrête jamais de lire

23 03 2009

Bien sûr, il ne faut jamais dire jamais, mais cette phrase est – relativement – vraie ; je lis partout, tout le temps et pratiquement n’importe quoi. Certains livres sont mémorables et méritent une, deux, vingt, cent relectures. Ces livres-là sont destinés à être pour toujours dans ma bibliothèque et à avoir dans mon coeur une place toute particulière, d’autant plus que quelques auteurs sont proches de leurs fans.

Un exemple parfait, Lynn Flewelling qui tient un journal en ligne pour informer ses lecteurs de l’avancée de son prochain roman (en ce moment, White Road, cinquième volume éminemment attendu de la série Nightrunner, vient d’être envoyé à son éditrice et devrait être publié en septembre de cette année… comment vais-je faire pour attendre ? J’ai acheté les quatre premiers volumes le 4 mars, je les ai terminés quelques jours après et les ai déjà relus deux fois…), la santé et les aventures de ses nombreux chiens, sa vie d’auteur, ses différentes inspirations et les conventions auxquelles elle se rend au cours de l’année, ses poissons rouges et des proverbes, maximes ou citations bouddhistes.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’être écrivain. Les livres ont toujours eu sur moi un pouvoir étrange, celui de me faire oublier le monde tel qu’il est – pas seulement lorsque je les lis, l’évasion du quotidien est alors évidente ; mais pendant un long moment après, où je transforme le monde qui m’entoure en quelque chose d’approchant les univers de mes bouquins, par le rêve. C’est plus qu’un rêve, plus qu’une simple visualisation, plus qu’une méditation. Le monde se reconstruit autour des idées, des sensations et des envies que j’ai ressenties au cours de ma lecture. La reconstruction n’a lieu bien évidemment que dans ma tête et aucune influence sur la réalité, avec laquelle je garde malgré tout un lien physique inévitable, un lien émotionnel fragile et un lien psychique assez flou et ténu. C’est une sensation assez difficile à expliquer, mais pendant un temps, je vis sur deux plans simultanément. N’aimant pas beaucoup la réalité et n’y étant pas particulièrement à l’aise, je me réfugie d’autant plus facilement dans cet univers onirique fluctuant au cours de mes épopées livresques. J’ai arrêté de vouloir écrire assez tard, le métier d’écrivain bénéficie d’une image suffisamment fascinante pour donner envie pendant longtemps, mais j’ai fini par comprendre. Je n’ai jamais vraiment été faite pour écrire, je suis trop brouillon, trop confuse et trop facilement détournée de mon objectif pour être un bon auteur ; non, je suis faite pour lire. Lire, absorber ces univers, ces personnages, ces paysages, ces histoires, ces aventures, ces naissances et ces morts qui n’existent que sur papier.

Je n’ai jamais eu envie d’arrêter de lire. Je peux lire pendant des heures, sans dormir, sans boire, sans manger, sans fumer. C’est la seule activité que je peux faire dans n’importe quelle circonstance – même avec une migraine carabinée, une poussée inflammatoire de mon truc, une nausée terrible ou… oui, n’importe quoi.

Lire, c’est… c’est ma drogue, en fait.








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