Je n’arrête jamais de lire

23 03 2009

Bien sûr, il ne faut jamais dire jamais, mais cette phrase est – relativement – vraie ; je lis partout, tout le temps et pratiquement n’importe quoi. Certains livres sont mémorables et méritent une, deux, vingt, cent relectures. Ces livres-là sont destinés à être pour toujours dans ma bibliothèque et à avoir dans mon coeur une place toute particulière, d’autant plus que quelques auteurs sont proches de leurs fans.

Un exemple parfait, Lynn Flewelling qui tient un journal en ligne pour informer ses lecteurs de l’avancée de son prochain roman (en ce moment, White Road, cinquième volume éminemment attendu de la série Nightrunner, vient d’être envoyé à son éditrice et devrait être publié en septembre de cette année… comment vais-je faire pour attendre ? J’ai acheté les quatre premiers volumes le 4 mars, je les ai terminés quelques jours après et les ai déjà relus deux fois…), la santé et les aventures de ses nombreux chiens, sa vie d’auteur, ses différentes inspirations et les conventions auxquelles elle se rend au cours de l’année, ses poissons rouges et des proverbes, maximes ou citations bouddhistes.

Lorsque j’étais plus jeune, je rêvais d’être écrivain. Les livres ont toujours eu sur moi un pouvoir étrange, celui de me faire oublier le monde tel qu’il est – pas seulement lorsque je les lis, l’évasion du quotidien est alors évidente ; mais pendant un long moment après, où je transforme le monde qui m’entoure en quelque chose d’approchant les univers de mes bouquins, par le rêve. C’est plus qu’un rêve, plus qu’une simple visualisation, plus qu’une méditation. Le monde se reconstruit autour des idées, des sensations et des envies que j’ai ressenties au cours de ma lecture. La reconstruction n’a lieu bien évidemment que dans ma tête et aucune influence sur la réalité, avec laquelle je garde malgré tout un lien physique inévitable, un lien émotionnel fragile et un lien psychique assez flou et ténu. C’est une sensation assez difficile à expliquer, mais pendant un temps, je vis sur deux plans simultanément. N’aimant pas beaucoup la réalité et n’y étant pas particulièrement à l’aise, je me réfugie d’autant plus facilement dans cet univers onirique fluctuant au cours de mes épopées livresques. J’ai arrêté de vouloir écrire assez tard, le métier d’écrivain bénéficie d’une image suffisamment fascinante pour donner envie pendant longtemps, mais j’ai fini par comprendre. Je n’ai jamais vraiment été faite pour écrire, je suis trop brouillon, trop confuse et trop facilement détournée de mon objectif pour être un bon auteur ; non, je suis faite pour lire. Lire, absorber ces univers, ces personnages, ces paysages, ces histoires, ces aventures, ces naissances et ces morts qui n’existent que sur papier.

Je n’ai jamais eu envie d’arrêter de lire. Je peux lire pendant des heures, sans dormir, sans boire, sans manger, sans fumer. C’est la seule activité que je peux faire dans n’importe quelle circonstance – même avec une migraine carabinée, une poussée inflammatoire de mon truc, une nausée terrible ou… oui, n’importe quoi.

Lire, c’est… c’est ma drogue, en fait.








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.