Les joies d’un blog

5 04 2009

J’ai réfléchi, longuement réfléchi (si si, ça m’arrive de temps en temps) et j’ai envie d’être un peu plus sérieuse avec ce blog que ce que j’ai pu faire avec d’autres :

- j’ai un blog romantique, sur lequel j’écrivais uniquement pour mon amoureux duquel j’étais séparée par la distance pendant de nombreux mois. Le système était assez nouveau (2005) mais  suffisamment développé pour qu’on puisse en faire un truc sympa…. Une fois qu’on a commencé à vivre ensemble, puis qu’on s’est marié, l’intérêt de ce blog tient plus à la vitrine de souvenirs des sentiments et des difficultés passés. Mais je n’écris plus dessus…

- j’ai eu un blog dont la durée de vie a été des plus courtes, un blog dans lequel j’étais censée mesurer, comparer et papoter sur ma perte de poids (irréelle), sur mon rapport à la nourriture (merde, quoi ! J’aime manger, je mange pas trop mal et pas comme un cochon, et je vais pas y réfléchir cent-sept ans, ça m’énerve !) et sur tous mes soucis. Nan, vraiment, c’était totalement improductif, ça a dû durer 2 jours avant que j’abandonne complètement.

- j’ai eu un blog où je voulais exorciser mes cauchemars. Je fais des tonnes de cauchemars (pas forcément tous les jours, ni trop ces derniers temps, mais je dors également pour la seule raison que je suis sous psychotropes, et depuis deux jours, des psychotropes beaucoup plus puissants qu’avant). Le problème, avec mes cauchemars, c’est que je me réveille en sueur, avec le coeur qui palpite et l’estomac au bord des lèvres. N’ayons pas peur des mots, une fois sur deux, je dois courir aux toilettes pour vomir le contenu de mon dîner. Dès qu’il s’agit de devoir mettre des mots dessus, je panique. Alors un blog là-dessus, c’était irréaliste.

Une chose que je n’avais pas essayé encore, c’est un blog sans but. Un blog pour moi. Un espace à moi.

IRL (“In real life”, pour les non-geeks de mes lecteurs imaginaires – c’est grave, je sais que je ne suis pas lue, je m’en fous, et je donne malgré tout des explications de tous les termes qui ne seraient pas à portée du commun des mortels – si si il y en a. Putain, heureusement que je n’ai jamais souhaité être prof, j’aurais été un vrai boulet pour mes pauvres élèves hypothétiques), je disais donc IRL je suis une fille gentille. Nan sérieux, je suis gentille, plutôt douce, diplomate, “pas un mot plus haut que l’autre”, limite paillasson, partiellement hypocrite (je dis partiellement, parce que le seul endroit où l’hypocrisie est particulièrement utile et appréciée, c’est au boulot – dans le reste de ma vie, je me contente d’être diplomate. La différence, me dites-vous ? Allez, un exemple ne peut pas faire de mal. Exemple 1 : Au boulot, mon patron me fait relire une note qu’il a rédigé et me demande mon avis ; réponse : “C’est vraiment complètement de la merde très explicite, il faut vraiment aapprendre à écrire, ce n’est même pas français vous avez parfaitement fait ressortir toute la connerie qui remplit votre demi-cerveau l’intérêt de la démarche et l’angle sous lequel vous incendiez vos collaborateurs pour des erreurs que vous avez commises décrivez le service est particulièrement insultant considérant qu’on passe notre temps à corriger vos conneries flatteur” ; ici, c’est de la pure hypocrisie. La situation est bien entendu hypothétique, vu que mon chef est en fait plutôt sympa, bien qu’un peu largué. Exemple 2 : Ma petite soeur (je ne vous ai pas présenté G. ma petite soeur, bon on verra ça plus tard, pour le moment ça ira comme ça) me fait corriger son mémoire (j’en ai corrigé deux pendant ses études, et d’autres travaux depuis, alors je n’ai pas d’exemple sous les yeux, mais prenons un de ses sujets de prédilection : l’émergence diplomatique de la Chine dans la poudrière internationale concernant le développement possible d’armes nucléaires en Corée du Nord… Et non, je ne plaisante pas, c’était à peu de choses près son sujet de Master l’année dernière) ;  donc correction de son mémoire, mes commentaires : “Ouais nan c’est pas possible on ne comprend pas un traître mot de l’idée que tu essaies d’exprimer dans un français merdique, franchement qui t’as appris à écrire, un chimpanzé ? dans ce paragraphe, comment peux-tu ne pas savoir qu’ il faut développer d’abord l’argument théorique et t’as pas l’impression qu’il te passe un peu au-dessus de la tête ? afin d’apporter plus de poids à cet exemple mais quel exemple à chier, tu pouvais pas trouver mieux ? qui soutient la thèse que tu veux mettre en avant et heureusement que c’est la thèse avec laquelle je suis également d’accord sinon je t’aurais remonté les bretelles…” Différence entre les deux ? Facile, dans l’exemple 1 je dis à peu près le contraire de ce que je pense (hypocrisie), alors que dans l’exemple 2 je me contente d’expurger ce que je pense de tout ce qui ne serait pas constructif (diplomatie). A ce stade, je crois que moi-même ne me souvient pas de ce que je voulais dire au début, alors je vais fermer la parenthèse, relire le début de ma phrase et recommencer. Ahh, digression, quand tu nous tiens…).

Ca y est, oui ! Dans la vraie vie, je suis une gentille. Une vraie gentille. La gentille qu’on va faire chier parce qu’elle ne sait pas dire non. La gentille qu’on va emmerder parce qu’en encre invisible sur son front, il y a écrit “Je suis un pigeon”. La gentille dont le sourire semble vouloir dire “Ignorez-moi, je ne compte pas ; vos désirs, vos envies, vos priorités passent avant les miens, parce que je suis une merde”.

Alors, voilà, ce blog est pour MOI. Pour MES passions. Pour MES envies. Pour MES coups de coeurs et MES coups de gueule. Pour MES mots grossiers que je n’oserais jamais dire en public. Pour le MOI que vous ne rencontrerez pas IRL. Le moi MECHANT qui ne sort que quand je suis poussée à bout (deux fois en 29 ans, avec suffisamment de self-control malgré tout pour ne pas battre à mort une emmerdeuse qui, à ce jour, ne sait pas combien elle est passée près d’avoir mon stylo planté dans sa joue) et pour le moi NÉVROTIQUE dont la liste d’angoisses, de paniques et de comportements obsessionnels ne peut pas être mentionnée en société sous peine de me faire catégoriser comme folle. Pour le moi PAS SORTABLE. Ici, il peut sortir. Oh, bien sûr pas tout le temps. Somme toute, je suis vraiment une fille gentille. J’en ai juste marre que les gens prennent “gentille” pour un synonyme du mot “conne”.

Ah oui, à l’origine, je voulais juste faire un post, pour faire un pacte avec moi-même, qui serait que plutôt de poster à tort et à travers, dix fois par jour puis rien pendant un mois ou deux, je devrais publier deux fois par semaine. Je me disais le mercredi et le  dimanche, ce serait pas mal. Si j’arrive à m’y tenir. Si j’ai des trucs à dire. Si…

Allez, pas de “si”, sinon je n’y arriverais jamais. Mercredi et dimanche. C’est parti.








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.