De retour au boulot après deux semaines idylliques à ne rien faire d’autre que de lire, encore et encore – ah, deux semaines de vacances bien trop courtes à mon goût, si seulement je pouvais vivre comme ça en permanence… mon rythme personnel n’est vraiment pas adapté à la vie en société et au travail, je préfère mille fois rester debout pendant 30 heures puis dormir 12 heures, que d’essayer de m’insérer dans un cycle de 24 heures, pas assez de temps pour moi métro/boulot/dodo, argh… – il faut que je retrouve mes marques et que je fasse de la production de masse. Maîtres mots pour les 3 prochains mois ? Performance, efficacité et productivité. Je sens que ça va me gaver. En plus, j’ai un débit horaire de 10h10 à rattraper. B*tch…
Je sens que je vais passer pas mal de temps à écrire, juste pour passer le temps, parce que travailler pendant 8 ou 9 heures d’affilée, je ne suis pas particulièrement tentée. Heureusement, aujourd’hui, une collègue de travail A. fête son anniversaire. Ca veut dire pot pour tout le monde. Et au moins, ça me donnera moins l’impression d’être une comptable qui manipule des tonnes et des tonnes de chiffres en permanence. D’autant que je ne suis pas comptable.
Je suis incapable de me concentrer, c’est terrible. J’ai des tonnes de trucs à faire ; le chef n’a que ses stats en tête, d’autant que le service est terriblement en retard (comme d’habitude, si on ne nous donnait pas des objectifs inatteignables, je suis persuadée que nos résultats seraient bien meilleurs). Et je whine parce que j’arrive pas à trouver des dossiers.
Incapable de me concentrer pour la simple et bonne raison que j’ai masse fics qui me tournent dans la tête ; et pour cause, j’ai dû en lire plus d’une centaine (certainement plus d’une centaine, c’est dur de garder le compte), en plus de NWS de C. Certaines sont excellentes – dans tous les sens du terme, un style défini, une grammaire et orthographe impeccables, une histoire passionnante, pleines de passion, d’humour ou de sentiments angstiens – d’autres sont juste rigolotes, et certaines sont simplement mauvaises. En effet, je ne vois pas comment on peut faire une bonne fic (en particulier si lemon il y a) en moins de 2000 ou 3000 mots. C’est simplement totalement impossible. Ca me tente de m’y mettre, mais je trouve difficile de donner forme à mes pensées en français. Oui, plus je lis en anglais et plus je me dis que c’est une langue qui a tous les avantages : simple, qui va droit au but, ultra-descriptive et évocatrice, bien plus que la langue de Molière qui se prête plus à la littérature qu’aux drabbles qui peuvent hanter mon esprit. La question qui se pose alors est d’une importance cruciale : ma maîtrise de la langue de Shakespeare est-elle suffisante pour me permettre d’écrire en anglais sans avoir l’air d’une analphabète qui utilise le clavier de son ordinateur avec ses genoux… Je suis à la fois très sûre de moi et en plein doute. Et le passe-temps est-il assez intéressant pour que je me lance dedans ?
Questions, questions, que de questions. Déjà que je néglige ce blog (ce qui, en soi, n’est pas une surprise pour moi, c’est pas comme si je ne m’y attendais pas… j’ai toujours eu du mal à poursuivre mes activités sans les abandonner à demi ou les placer au second plan), que se passera-t-il quand si je décide d’écrire davantage ? Je risque de me perdre dans un monde d’illusions, entourée de protagonistes éphémères et être incapable de réelles activités dans le monde réel… Bon, je ne me leurre pas non plus, c’est déjà partiellement le cas avec la lecture. J’aspire les mondes fantastiques que je lis pour les faire miens, je caresse les personnages du bout des doigts, je vois à travers leurs yeux, je ressens leurs émotions et les fait miennes ; l’empathie qui devrait être réservée aux autres êtres humains qui m’entourent (famille, collègues, amis) se tourne vers des héros de papier – je le sais, et je ne m’en plains pas, c’est définitivement plus satisfaisant que de ressentir cette empathie face à la souffrance réelle du monde, aux victimes réelles de la vie, à la réalité. La réalité – au sens large évidemment – n’est pas quelque chose que j’aime. Trop de douleurs, trop de souffrances, trop d’horreurs pour que j’arrive à supporter tout cela ; d’ailleurs une des raisons qui m’a fait abandonner la perspective de travailler dans le journalisme. Le réel n’est pas fait pour quelqu’un comme moi. Et je vois de là les gens me dire… Voyons…
1) « Tu ne peux pas te voiler la face, face à ce qui se passe dans le monde » : Mais si, je peux.
2) « Ce que tu ressens ne sont pas de vraies émotions si elles ne sont pas générées par quelque chose de réel » : Qu’est-ce que tu en sais, crétin ?
3) « Il y a aussi des choses merveilleuses dans le monde réel » : Non, il y a de bonnes choses dans le monde réel mais le merveilleux n’en fait définitivement pas partie. Le merveilleux et le réel ne font pas bon ménage. La définition-même du mot merveilleux l’exclut de fait du réel. Le merveilleux, c’est comme la foi. On ne peut pas la voir, pas la définir, pas la prouver. Le merveilleux, ce sont les nymphes des ruisseaux, les dryades des bois et les fées qui nous entourent partout, tout le temps. Et je viens de prouver à 99 % des gens que le merveilleux n’a pas sa place dans le réel. Parce que sérieusement, combien de personnes pensent que les fées existent, pour de vrai, dans le monde tel que nous le connaissons ? Les enfants ne comptent pas. Moi non plus. Alors, combien ?
4) « A force de vivre dans tes livres, tu rates tout ce qui se passe dans ta vie » : Oui !!! Mille fois oui !!! Je dirais même que c’est le but. Je suis une personne moyenne, sans grande ambition, dont la vie est sympa mais pas extraordinaire (je ne parle pas pour toi P., avec toi les choses sont extraordinaires, mais c’est plus un coup de chance qu’on se soit rencontrés qu’autre chose) et franchement, mes livres sont plus palpitants que ma vie. C’est la raison pour laquelle je lis. Et pas la peine de me sortir de conneries New Age comme quoi si je prenais ma vie en main, tout serait extraordinaire, parce que Bullshit.
5) « Ce n’est pas un comportement adulte » : Sans blague ? Et qui a décidé que je devais être adulte ? Je ne veux pas devenir adulte, ça m’emmerde plus qu’autre chose. Déjà que je dois faire le ménage, la bouffe et le linge… si en plus je dois penser comme une adulte, j’ai plus qu’à chercher une corde pour me pendre.
6) « Voyons, ma chérie, ce n’est pas sain de vivre comme ça » : Rhaaaa, je viens d’entendre ma mère ! Qu’est-ce que ma mère vient faire sur mon blog ?!
7) « T’es bizarre, comme fille… » : Merci, merci. Je prends ça comme un compliment, parce que c’en est un.
Bon assez, je crois que j’ai bien prouvé ce que je voulais prouver. En digressant, comme d’habitude. Le point d’origine étant : est-ce que je décide d’écrire un peu ou pas, et en anglais ou pas… Je pense que ça va me demander encore un peu de réflexion… Par contre, éditer… Je sais pas, l’idée m’est venue comme ça, mais je pense que ça pourrait être particulièrement intéressant, d’être la bêta de quelqu’un ; en plus, un de mes auteurs a visiblement besoin d’un bêta, je pourrais peut-être lui proposer.
Sinon, mes dernières lectures, The Night Angel Trilogy par Brent Weeks. J’adore les assassins. J
e parle bien sûr à nouveau de a/ personnages de roman (et pas des tueurs qui nous entourent – comme dans le cas où le frère d’une ancienne camarade d’école était pote avec Guy Georges ; brrrrr, ça me fait froid dans le dos) et b/ science fiction / fantasy (parce qu’en fait, les romans policiers, très peu pour moi). Les couvertures des bouquins (en anglais) sont fantastiques, elles sont été faites à partir d’un modèle vivant – c’est trop la classe (oui, je sais, je me remets à parler comme une fangirl hystérique de 16 ans… wtf ? « c’est trop la classe » ? *ricane*). Enfin voilà, il y avait déjà Robin Hobb – que je salue bien bas pour son œuvre et pour talent – et maintenant Brent Weeks,
dont la vision d’assassin est particulièrement intéressante : « Assassins have targets but wetboys have deaders… I was a wetboy ». Terrible. Et à la question, est-ce que cette tarée est en train de fantasmer sur un monde inexistant sorti de l’imagination d’un gars qui vit à l’autre bout de la planète ? La réponse est oui, bien sûr. J’admire les gens qui ont le talent de me faire rêver, imaginer, fantasmer…
Bon assez, mon chef vient de passer dans mon bureau – et, oh boy, je suis vraiment douée pour avoir l’air de travailler quand je fais totalement autre chose, ça doit sans doute être mon air innocent et concentré – et, chop chop, je dois me remettre sur mes dossiers.
Kiss kiss.
NB : Je pourrais écrire comme ça pendant des heures. Mais je doute que ça intéresse grand monde. Je m’y remettrais plus tard, parce que j’ai pas trop le temps. Oui, le fait que ça n’intéresse pas grand monde ne m’intéresse pas non plus. ~Ja ne !