Demi-journée

4 06 2009

Dès que je recommence à travailler, l’épuisement physique n’est jamais loin. Pourtant ce n’est pas comme si mon travail nécessitait une dépense énergétique phénoménale qui me laisserait sur le carreau – non, non, au contraire, je passe ma journée assise à mon bureau, dans un fauteuil confortable, à manipuler lentement des chiffres et des papiers jusqu’à ce qu’ils fassent sens (ou dans mon cas, qu’ils ne fassent pas sens… *self-deprecating mode on* je suis complètement nulle *mode off*).

Je suis rentrée chez moi hier avec la ferme intention de faire la vaisselle et de préparer un petit dîner sympa et pas trop compliqué – en lieu et place de quoi, je me suis retrouvée affalée sur la canapé, endormie tellement profondément que je n’ai pas entendu P. rentrer. Il a commandé des pizzas, et je suis restée éveillée 25 minutes pour manger, regarder quelques trucs sur mon ordi, avant de retourner me coucher dans mon lit comme la bonne marmotte que je suis. Je ne peux pas vivre comme ça…

Est-ce un manque d’énergie parce que je n’ai pas assez mangé ? Le seul repas que j’ai sauté pourtant c’était celui de mardi soir. Je me suis endormi aussi, et P. m’a reveillé pour me demander de faire la vaisselle et la bouffe – et j’ai grogné. Mais franchement qui prend mes grognements au sérieux quand je me réveille ? Je grogne toujours quand je me réveille. En plus, faire la vaisselle, c’est son rôle. Il est descendu jeter les poubelles à ce moment et a claqué la porte si fort que je me suis retrouvée 10 ans en arrière. Mon père, sa voix méprisante, les portes qui claquent… J’en ai eu mal au cœur. Je ne lui ai pas dit (mais bon, il le saura maintenant), mais j’ai pleuré en faisant la vaisselle – en priant qu’il ne vienne pas me voir, je suis simplement incapable d’expliquer quoi que ce soit rationnellement quand je pleure – et j’ai fait à manger pour lui. Ce n’est même pas que je n’avais pas faim, juste que j’avais une boule dans la gorge qui m’aurait fait pleurer encore si j’avais essayé d’avaler quoi que ce soit. Et je suis allée me coucher. Je suis pathétique.

Le chose positive, c’est que – pour le moment (croisons les doigts, touchons du bois) – je n’ai pas eu d’arrêt de travail cette semaine. La chose négative, c’est que je n’ai plus aucune vie en dehors de mon boulot, vu que je ne fais que dormir. Ouais, c’est la merde. Je vois ma psy demain soir et je vais me forcer à lui en parler. Tout tourne autour de la dynamique du travail, que j’y aille ou n’y aille pas. Rhaaaaaa !!!! Ras-le-bol !

Bon, il est temps de sortir de ce maelström de self-pity, je vais descendre dans la cour fumer une cigarette, ça va me calmer (la cour ? oui, j’écris toujours au boulot, on a une jolie cour carrée, comme un cloître – normal puisque les bâtiments sont un ancien séminaire). ~Ja ne !

Kiss kiss.

NB : Tellement saoûlée, que j’ai posé une demi-journée de congé, juste comme ça… Pathétique, je vous dis…





Grains de sable

3 06 2009

Je ne sais pas où sont passés toutes ces semaines, tous ces mois depuis que j’ai commencé à travailler à Saint-Sulpice. Le temps – la construction humaine du temps dont l’image la plus marquante reste les grains qui s’égouttent régulièrement à travers le sablier – me glisse entre les doigts, et j’ai du mal à me dire qu’il a passé : j’ai 29 ans (comment est-ce arrivé ?), je suis mariée depuis un peu plus d’un an (sérieux ?), je travaille depuis 4 ans (j’hallucine…), j’ai quitté la maison de mes parents depuis plus de 2 ans… Ces dates et ces chiffres ne veulent rien dire. J’ai l’impression que c’était hier, j’ai l’impression que c’était il y a mille ans.

Je gère mal le changement. Parce que je ne contrôle pas le changement. C’est une des principales problématiques sur lesquelles je travaille avec ma psy (ça – et le fait que mon corps force des réactions psychosomatiques incompréhensibles sur lui-même pour m’empêcher d’aller travailler – mais ce sera une discussion pour un autre jour).

Pour revenir au travail, j’ai l’impression de n’arriver à rien – après plusieurs mois, c’est particulièrement frustrant – et de tourner en rond. S’ajoute à cela le fait que je n’ai vraiment, mais vraiment pas envie de travailler. J’en viens même à me demander si ce n’est pas une réaction générationnelle face aux remarques de ceux qui nous ont précédés. Combien de fois ai-je entendu l’expression « épanouissement au travail » ou « vivre de sa passion » ? Pour moi, ça n’a simplement aucun sens. Je trouve néanmoins assez terrible de me dire que mon travail est purement alimentaire ; parce que ce n’est pas comme si je n’aimais pas du tout mon travail. Non, mon travail est intéressant et offre même quelques défis intellectuels qui peuvent m’occuper de manière satisfaisante. Mais de là à parler de passion ou d’épanouissement, il y a un pas énorme.

Et m’en voilà réduite à parler de mon travail au travail, dès le matin, pour la simple et bonne raison (bon d’accord, peut-être n’est-ce pas une bonne raison, mais franchement, je vous zute) que je n’ai envie de commencer à travailler. Ma petite collègue étant arrivée, arrêtons la procrastination. ~Ja ne !

Kiss kiss.

NB : Effectivement, j’ai désormais une double conclusion à mes posts, mais peu importe.





Back to work

2 06 2009

De retour au boulot après deux semaines idylliques à ne rien faire d’autre que de lire, encore et encore – ah, deux semaines de vacances bien trop courtes à mon goût, si seulement je pouvais vivre comme ça en permanence… mon rythme personnel n’est vraiment pas adapté à la vie en société et au travail, je préfère mille fois rester debout pendant 30 heures puis dormir 12 heures, que d’essayer de m’insérer dans un cycle de 24 heures, pas assez de temps pour moi métro/boulot/dodo, argh… –  il faut que je retrouve mes marques et que je fasse de la production de masse. Maîtres mots pour les 3 prochains mois ? Performance, efficacité et productivité. Je sens que ça va me gaver. En plus, j’ai un débit horaire de 10h10 à rattraper. B*tch

Je sens que je vais passer pas mal de temps à écrire, juste pour passer le temps, parce que travailler pendant 8 ou 9 heures d’affilée, je ne suis pas particulièrement tentée. Heureusement, aujourd’hui, une collègue de travail A. fête son anniversaire. Ca veut dire pot pour tout le monde. Et au moins, ça me donnera moins l’impression d’être une comptable qui manipule des tonnes et des tonnes de chiffres en permanence. D’autant que je ne suis pas comptable.

Je suis incapable de me concentrer, c’est terrible. J’ai des tonnes de trucs à faire ; le chef n’a que ses stats en tête, d’autant que le service est terriblement en retard (comme d’habitude, si on ne nous donnait pas des objectifs inatteignables, je suis persuadée que nos résultats seraient bien meilleurs). Et je whine parce que j’arrive pas à trouver des dossiers.

Incapable de me concentrer pour la simple et bonne raison que j’ai masse fics qui me tournent dans la tête ; et pour cause, j’ai dû en lire plus d’une centaine (certainement plus d’une centaine, c’est dur de garder le compte), en plus de NWS de C. Certaines sont excellentes – dans tous les sens du terme, un style défini, une grammaire et orthographe impeccables, une histoire passionnante, pleines de passion, d’humour ou de sentiments angstiens – d’autres sont juste rigolotes, et certaines sont simplement mauvaises. En effet, je ne vois pas comment on peut faire une bonne fic (en particulier si lemon il y a) en moins de 2000 ou 3000 mots. C’est simplement totalement impossible. Ca me tente de m’y mettre, mais je trouve difficile de donner forme à mes pensées en français. Oui, plus je lis en anglais et plus je me dis que c’est une langue qui a tous les avantages : simple, qui va droit au but, ultra-descriptive et évocatrice, bien plus que la langue de Molière qui se prête plus à la littérature qu’aux drabbles qui peuvent hanter mon esprit. La question qui se pose alors est d’une importance cruciale : ma maîtrise de la langue de Shakespeare est-elle suffisante pour me permettre d’écrire en anglais sans avoir l’air d’une analphabète qui utilise le clavier de son ordinateur avec ses genoux… Je suis à la fois très sûre de moi et en plein doute. Et le passe-temps est-il assez intéressant pour que je me lance dedans ?

Questions, questions, que de questions. Déjà que je néglige ce blog (ce qui, en soi, n’est pas une surprise pour moi, c’est pas comme si je ne m’y attendais pas… j’ai toujours eu du mal à poursuivre mes activités sans les abandonner à demi ou les placer au second plan), que se passera-t-il quand si je décide d’écrire davantage ? Je risque de me perdre dans un monde d’illusions, entourée de protagonistes éphémères et être incapable de réelles activités dans le monde réel… Bon, je ne me leurre pas non plus, c’est déjà partiellement le cas avec la lecture. J’aspire les mondes fantastiques que je lis pour les faire miens, je caresse les personnages du bout des doigts, je vois à travers leurs yeux, je ressens leurs émotions et les fait miennes ; l’empathie qui devrait être réservée aux autres êtres humains qui m’entourent (famille, collègues, amis) se tourne vers des héros de papier – je le sais, et je ne m’en plains pas, c’est définitivement plus satisfaisant que de ressentir cette empathie face à la souffrance réelle du monde, aux victimes réelles de la vie, à la réalité. La réalité – au sens large évidemment – n’est pas quelque chose que j’aime. Trop de douleurs, trop de souffrances, trop d’horreurs pour que j’arrive à supporter tout cela ; d’ailleurs une des raisons qui m’a fait abandonner la perspective de travailler dans le journalisme. Le réel n’est pas fait pour quelqu’un comme moi. Et je vois de là les gens me dire… Voyons…

1)       « Tu ne peux pas te voiler la face, face à ce qui se passe dans le monde » : Mais si, je peux.

2)       « Ce que tu ressens ne sont pas de vraies émotions si elles ne sont pas générées par quelque chose de réel » : Qu’est-ce que tu en sais, crétin ?

3)       « Il y a aussi des choses merveilleuses dans le monde réel » : Non, il y a de bonnes choses dans le monde réel mais le merveilleux n’en fait définitivement pas partie. Le merveilleux et le réel ne font pas bon ménage. La définition-même du mot merveilleux l’exclut de fait du réel. Le merveilleux, c’est comme la foi. On ne peut pas la voir, pas la définir, pas la prouver. Le merveilleux, ce sont les nymphes des ruisseaux, les dryades des bois et les fées qui nous entourent partout, tout le temps. Et je viens de prouver à 99 % des gens que le merveilleux n’a pas sa place dans le réel. Parce que sérieusement, combien de personnes pensent que les fées existent, pour de vrai, dans le monde tel que nous le connaissons ? Les enfants ne comptent pas. Moi non plus. Alors, combien ?

4)       « A force de vivre dans tes livres, tu rates tout ce qui se passe dans ta vie » : Oui !!! Mille fois oui !!! Je dirais même que c’est le but. Je suis une personne moyenne, sans grande ambition, dont la vie est sympa mais pas extraordinaire (je ne parle pas pour toi P., avec toi les choses sont extraordinaires, mais c’est plus un coup de chance qu’on se soit rencontrés qu’autre chose) et franchement, mes livres sont plus palpitants que ma vie. C’est la raison pour laquelle je lis. Et pas la peine de me sortir de conneries New Age comme quoi si je prenais ma vie en main, tout serait extraordinaire, parce que Bullshit.

5)       « Ce n’est pas un comportement adulte » : Sans blague ? Et qui a décidé que je devais être adulte ? Je ne veux pas devenir adulte, ça m’emmerde plus qu’autre chose. Déjà que je dois faire le ménage, la bouffe et le linge… si en plus je dois penser comme une adulte, j’ai plus qu’à chercher une corde pour me pendre.

6)       « Voyons, ma chérie, ce n’est pas sain de vivre comme ça » : Rhaaaa, je viens d’entendre ma mère ! Qu’est-ce que ma mère vient faire sur mon blog ?!

7)       « T’es bizarre, comme fille… » : Merci, merci. Je prends ça comme un compliment, parce que c’en est un.

Bon assez, je crois que j’ai bien prouvé ce que je voulais prouver. En digressant, comme d’habitude. Le point d’origine étant : est-ce que je décide d’écrire un peu ou pas, et en anglais ou pas… Je pense que ça va me demander encore un peu de réflexion… Par contre, éditer… Je sais pas, l’idée m’est venue comme ça, mais je pense que ça pourrait être particulièrement intéressant, d’être la bêta de quelqu’un ; en plus, un de mes auteurs a visiblement besoin d’un bêta, je pourrais peut-être lui proposer.

nightangel1Sinon, mes dernières lectures, The Night Angel Trilogy par Brent Weeks. J’adore les assassins. Jnightangel2e parle bien sûr à nouveau de a/ personnages de roman (et pas des tueurs qui nous entourent – comme dans le cas où le frère d’une ancienne camarade d’école était pote avec Guy Georges ; brrrrr, ça me fait froid dans le dos) et b/ science fiction / fantasy (parce qu’en fait, les romans policiers, très peu pour moi). Les couvertures des bouquins (en anglais) sont fantastiques, elles sont été faites à partir d’un modèle vivant – c’est trop la classe (oui, je sais, je me remets à parler comme une fangirl hystérique de 16 ans… wtf ? « c’est trop la classe » ? *ricane*). Enfin voilà, il y avait déjà Robin Hobb – que je salue bien bas pour son œuvre et pour talent – et maintenant Brent Weeks, nightangel3dont la vision d’assassin est particulièrement intéressante : « Assassins have targets but wetboys have deaders… I was a wetboy ». Terrible. Et à la question, est-ce que cette tarée est en train de fantasmer sur un monde inexistant sorti de l’imagination d’un gars qui vit à l’autre bout de la planète ? La réponse est oui, bien sûr. J’admire les gens qui ont le talent de me faire rêver, imaginer, fantasmer…

Bon assez, mon chef vient de passer dans mon bureau – et, oh boy, je suis vraiment douée pour avoir l’air de travailler quand je fais totalement autre chose, ça doit sans doute être mon air innocent et concentré – et, chop chop, je dois me remettre sur mes dossiers.

Kiss kiss.

NB : Je pourrais écrire comme ça pendant des heures. Mais je doute que ça intéresse grand monde. Je m’y remettrais plus tard, parce que j’ai pas trop le temps. Oui, le fait que ça n’intéresse pas grand monde ne m’intéresse pas non plus. ~Ja ne !





Pourquoi faudrait que je mette un titre ?

15 04 2009

Ce début de semaine est passé plutôt tranquillement. J’ai mis à jour ma liste des 99 choses que je voulais faire (je ne rajoute pas « avant de mourir », parce que ça fait un coup au cœur à ce pauvre P. quand il le lit. Comme pour mon souhait 44, quand j’évoque le fait qu’un jour je pourrais ne pas me réveiller… Mais quand j’aurais 95 ans et que je serais vieille et décrépie, avec une vie derrière moi pleine d’amour, de joie, de belles rencontres et de projets menés à bien, c’est une possibilité. Je préférerais d’ailleurs mourir comme ça, qu’écrasée sous un bus, asphyxiée au monoxyde de carbone par un chauffage mal réglé ou d’un cancer à la con… Voilà, je ne voulais pas parler de mourir parce que P. n’aime pas ça…. Je ne suis pas entièrement sûre d’avoir réussi) avec les choses que j’ai réussi – Hourra  pour moi ! – et celle que j’ai lamentablement raté. Mais ça ne paraît pas étonnant. Certains objectifs sont réalisables, d’autres non, mais j’aime bien faire des listes.

Sur un tout autre sujet, je suis contente d’avoir rempli certains objectifs de boulot à mon boulot (comme c’est logique…), mais je suis catastrophée de devoir expliquer en détail ce que je fais à mon boss – parce que certaines choses lui passent au-dessus de la tête – et de devoir également corriger ses corrections sur mes fautes d’orthographe. Comme si je faisais des fautes d’orthographes…. Bon, dit comme ça, ça paraît particulièrement prétentieux ; après tout, personne n’est à l’abri de l’exception à l’accord des verbes pronominaux ou d’un mot tout à fait vicieux (plus probablement lors de l’utilisation de noms propres, comme ce fameux « De Broglie » qui se prononcerait « De Breuil »… erreur orthographique de toute bonne foi, il faut l’avouer) ou simplement d’une coquille se glissant inaperçue au milieu d’un long texte qu’on se refuse à relire pour la troisième ou quatrième fois… Mais je persiste et je signe, les fautes d’orthographe, moi ? Non !

Je précise, je suis encore au boulot, mais je m’accorde une pause bien méritée, avant d’entamer un dossier difficile. Oui, j’ai aussi fait une pause en descendant dans la cour fumer une cigarette. Oui, j’ai fait deux pauses successives, mais franchement je vois pas le rapport…. Allez, mon dossier…

Promis, les prochaines fois, je poste sur des trucs amusants : comment le gouvernement nous prend pour des enfants de trois ans à materner, par exemple ; ou quelles sont mes névroses les plus amusantes et pourquoi (ou en tout cas, ce que je crois deviner du pourquoi…).

Allez, kiss kiss.

PS : J’aime pas travailler, je veux pas y retourner, ce dossier est tellement énorme qu’il prend deux cartons, j’ai pas envie – à la question « Cette grande fille, pourtant professionnellement accomplie et active est-elle en train de chouiner pour ne pas faire son boulot ? », la réponse est… non, bien sûr que non. Qui ici pourrait dire qu’il m’a déjà vu chouiner ?

PS 2 : Aux personnes qui se demandent d’où vient l’expression « kiss kiss », le premier qui me dit « Han, on dirait ce que dit Gossip Girl en épilogue de chaque épisode… » se prend une grosse mandale dans la gueule. C’est l’expression d’un personnage d’Anne Bishop, dont je disserterai sur l’œuvre – en particulier, tout ce qui touche aux Black Jewels – dans quelque temps.





Le printemps est là

9 04 2009

J’ai été arrêtée – de travail – pendant trois jours à cause des effets secondaires du Clonazépam et je ne suis retournée travailler que jeudi. Cette pause a été plus que bénéfique : je suis passée de l’état de zombie perpétuellement comateux à celui de jeune femme normalement active et profitant de la vie. Je ne comprends pas très bien pourquoi ; après tout, je ne suis pas dépressive et ne l’ai jamais été. J’ai juste toujours (enfin, toujours est un mot relatif, vu que cela date peu ou prou de mon adolescence) molle et manquant de dynamisme, de volonté, de courage et de toutes les qualités qui auraient été nécessaires pour que je me bouge le cul. Je ne comprends pas, donc… mais j’ai décidé que l’amélioration soudaine et inopinée de ma qualité de vie peut tout à fait se faire sans aucune question.

Effets surprenants :

N°1 : comme déclaré précédemment, j’ai pris mes rendez-vous médicaux avec un sérieux rarement expérimenté au cours de ma vie. Reste uniquement la prise de sang à faire à jeûn, mais je vais bien trouver une matinée à passer au laboratoire d’analyses.

N°2 : après deux années à vivre dans mon appartement, je peux officiellement proclamer que nous avons EMMÉNAGÉ : plus de cartons, plus de boîtes, plus de trucs en tout genre fourrés sous les meubles dans l’espoir que personne ne les verra et que personne n’en aura besoin. J’ai fait le grand ménage de printemps – celui qui ne se fait que tous les dix ou quinze ans.

N°3 : j’ai envie de profiter du soleil et du beau temps pour être dehors, m’asseoir sur un banc ou une terrasse, fumer une cigarette et bouquiner. Moi, toute seule. Le reste du monde – mon boulot, mes parents, mon foutu week-end de Pâques chez mon oncle et ma tante dont mon mari a réussi à se défiler comme une anguille, mes soucis de santé, mes envies de changements, ma fatigue, les demandes de ma sœur (pour sortir, pour bouger, pour l’aider, pour l’héberger…), ma psy et les réflexions qu’elle me demande de mener sur mon appropriation de mon travail (parce que je fais le même travail que ma mère), mes motivations pour arrêter de fumer et vraiment tout, tout, tout le reste du monde – ailleurs… Loin… En tout cas pas dans ma galaxie.

Ca doit faire des années que je ne me suis pas sentie aussi bien.

Allez, j’étais en train d’écrire ça du boulot, maintenant je me rentre.

NDLR : Le premier qui me dit que je ne respecte pas les obligations que je me suis fixées à moi-même de ne poster que le mercredi et le dimanche, je le POURRIS ! ! !





Moi et mes livres

6 04 2009

J’achète souvent des livres complètement par hasard. Je ne veux pas dire que je ne me rends pas compte que j’achète des livres, mais que mon choix se porte souvent sur des choses que je ne connais pas encore, et que donc… Oh, merde, je vais quand même pas tout expliquer.

J’achète un livre d’un auteur ; si ce livre fait partie d’un tout, le plus souvent j’achète toute la série. Ce qui souvent est un gain de temps : quand j’accroche sur un auteur, je lis en général le premier livre tellement vite que je serais frustrée si je n’avais pas les suivants directement à ma disposition. Bien sûr, c’est quelque chose qui peut aussi me jouer des tours. Un exemple : la trilogie The Mirage Makers de Glenda Larke ; après le premier tome, qui a été une telle déception – tant en terme de style (qui se trouve être infantile et mal écrit) qu’en terme d’histoire (qu’est-ce que c’est NUL !) – je n’ai pas pu me résoudre à lire les deux tomes suivants, et je vais m’en séparer sans en avoir ouvert une page. C’est particulièrement difficile pour moi de me séparer des livres, même ceux que je considère comme étant des merdes intersidérales ; impossible de les jeter (c’est comme ça, on ne jette pas les livres, ça correspond à faire un autodafé, et je ne peux pas) ; et je suis bien trop paresseuse pour prendre le temps une ou deux fois par mois d’aller les revendre, j’ai l’impression que je bousille de précieuses minutes – que dis-je, de précieuses heures – que je pourrais passer à faire autre chose, la plupart du temps, rien. Non, non, ce n’est pas une exagération, j’adore vraiment ne rien faire. Alors quelques centaines de livres traînent un peu partout dans mon petit appartement. Ça ne peut plus durer.

Résolution : dès que mon temps partiel commence (le 20 avril), je vais avoir une journée de plus dans la semaine pour faire toutes ces choses que je ne peux pas / ne veux pas / oublie de (volontairement ou non) faire et débarrasser mon petit chez-moi de ce trop plein de papier encombrant. Bien sûr, mes résolutions ne sont jamais immédiates, il y a toujours ce temps de latence entre le “maintenant maintenant” et le “maintenant je mets en œuvre ma résolution”. Ce qui explique probablement pourquoi mes résolutions n’ont jamais abouti à grand chose.

Que faire ? Que faire ?

NDLR : Je ne suis pas complètement dingue, mais si je l’étais, je crois que je rigolerais à plein poumons tellement cette situation a un côté déjà-vu. Le déjà-vu lui-même est un déjà-vu. Il s’agit d’une situation de déjà-vu mise en abîme. Je ne crois pas que je vais m’en sortir. En fait, je me contente de ricaner, mon corps tremblotant de manière pathétique pour contenir l’éclat de rire démentiel qui menace de poindre. Je suis sans aucun doute complètement dingue.

NDLR 2 : Mwwaaaahhhhhahahaha !  (rire maléfique – pour ceux qui ne suivent pas) Blogguer est véritablement d’un grand secours pour moi puisque cet après-midi – en congé de mon boulot -, j’ai eu l’audace, que dis-je la témérité, que dis-je le COURAGE ! Oui, le courage ! de prendre ces dizaines et dizaines de bouquins pour aller les vendre ! 120 livres, 23 mangas et 6 DVD ! Une valise entière, deux sacs à dos et me voilà en vadrouille dans Paris pour aller vendre mes bouquins ! DU JAMAIS VU !!! J’en ai tiré la mirifique et phénoménale somme de 14 euros, QUATORZE euros, presque trois heures entières de perdues à tout jamais et la délicieuse satisfaction de ne plus les voir encombrer mon appartement.

Et pour la peine, je voulais attendre mercredi pour poster comme promis, et non ! Je poste là maintenant !





Les joies d’un blog

5 04 2009

J’ai réfléchi, longuement réfléchi (si si, ça m’arrive de temps en temps) et j’ai envie d’être un peu plus sérieuse avec ce blog que ce que j’ai pu faire avec d’autres :

- j’ai un blog romantique, sur lequel j’écrivais uniquement pour mon amoureux duquel j’étais séparée par la distance pendant de nombreux mois. Le système était assez nouveau (2005) mais  suffisamment développé pour qu’on puisse en faire un truc sympa…. Une fois qu’on a commencé à vivre ensemble, puis qu’on s’est marié, l’intérêt de ce blog tient plus à la vitrine de souvenirs des sentiments et des difficultés passés. Mais je n’écris plus dessus…

- j’ai eu un blog dont la durée de vie a été des plus courtes, un blog dans lequel j’étais censée mesurer, comparer et papoter sur ma perte de poids (irréelle), sur mon rapport à la nourriture (merde, quoi ! J’aime manger, je mange pas trop mal et pas comme un cochon, et je vais pas y réfléchir cent-sept ans, ça m’énerve !) et sur tous mes soucis. Nan, vraiment, c’était totalement improductif, ça a dû durer 2 jours avant que j’abandonne complètement.

- j’ai eu un blog où je voulais exorciser mes cauchemars. Je fais des tonnes de cauchemars (pas forcément tous les jours, ni trop ces derniers temps, mais je dors également pour la seule raison que je suis sous psychotropes, et depuis deux jours, des psychotropes beaucoup plus puissants qu’avant). Le problème, avec mes cauchemars, c’est que je me réveille en sueur, avec le coeur qui palpite et l’estomac au bord des lèvres. N’ayons pas peur des mots, une fois sur deux, je dois courir aux toilettes pour vomir le contenu de mon dîner. Dès qu’il s’agit de devoir mettre des mots dessus, je panique. Alors un blog là-dessus, c’était irréaliste.

Une chose que je n’avais pas essayé encore, c’est un blog sans but. Un blog pour moi. Un espace à moi.

IRL (“In real life”, pour les non-geeks de mes lecteurs imaginaires – c’est grave, je sais que je ne suis pas lue, je m’en fous, et je donne malgré tout des explications de tous les termes qui ne seraient pas à portée du commun des mortels – si si il y en a. Putain, heureusement que je n’ai jamais souhaité être prof, j’aurais été un vrai boulet pour mes pauvres élèves hypothétiques), je disais donc IRL je suis une fille gentille. Nan sérieux, je suis gentille, plutôt douce, diplomate, “pas un mot plus haut que l’autre”, limite paillasson, partiellement hypocrite (je dis partiellement, parce que le seul endroit où l’hypocrisie est particulièrement utile et appréciée, c’est au boulot – dans le reste de ma vie, je me contente d’être diplomate. La différence, me dites-vous ? Allez, un exemple ne peut pas faire de mal. Exemple 1 : Au boulot, mon patron me fait relire une note qu’il a rédigé et me demande mon avis ; réponse : “C’est vraiment complètement de la merde très explicite, il faut vraiment aapprendre à écrire, ce n’est même pas français vous avez parfaitement fait ressortir toute la connerie qui remplit votre demi-cerveau l’intérêt de la démarche et l’angle sous lequel vous incendiez vos collaborateurs pour des erreurs que vous avez commises décrivez le service est particulièrement insultant considérant qu’on passe notre temps à corriger vos conneries flatteur” ; ici, c’est de la pure hypocrisie. La situation est bien entendu hypothétique, vu que mon chef est en fait plutôt sympa, bien qu’un peu largué. Exemple 2 : Ma petite soeur (je ne vous ai pas présenté G. ma petite soeur, bon on verra ça plus tard, pour le moment ça ira comme ça) me fait corriger son mémoire (j’en ai corrigé deux pendant ses études, et d’autres travaux depuis, alors je n’ai pas d’exemple sous les yeux, mais prenons un de ses sujets de prédilection : l’émergence diplomatique de la Chine dans la poudrière internationale concernant le développement possible d’armes nucléaires en Corée du Nord… Et non, je ne plaisante pas, c’était à peu de choses près son sujet de Master l’année dernière) ;  donc correction de son mémoire, mes commentaires : “Ouais nan c’est pas possible on ne comprend pas un traître mot de l’idée que tu essaies d’exprimer dans un français merdique, franchement qui t’as appris à écrire, un chimpanzé ? dans ce paragraphe, comment peux-tu ne pas savoir qu’ il faut développer d’abord l’argument théorique et t’as pas l’impression qu’il te passe un peu au-dessus de la tête ? afin d’apporter plus de poids à cet exemple mais quel exemple à chier, tu pouvais pas trouver mieux ? qui soutient la thèse que tu veux mettre en avant et heureusement que c’est la thèse avec laquelle je suis également d’accord sinon je t’aurais remonté les bretelles…” Différence entre les deux ? Facile, dans l’exemple 1 je dis à peu près le contraire de ce que je pense (hypocrisie), alors que dans l’exemple 2 je me contente d’expurger ce que je pense de tout ce qui ne serait pas constructif (diplomatie). A ce stade, je crois que moi-même ne me souvient pas de ce que je voulais dire au début, alors je vais fermer la parenthèse, relire le début de ma phrase et recommencer. Ahh, digression, quand tu nous tiens…).

Ca y est, oui ! Dans la vraie vie, je suis une gentille. Une vraie gentille. La gentille qu’on va faire chier parce qu’elle ne sait pas dire non. La gentille qu’on va emmerder parce qu’en encre invisible sur son front, il y a écrit “Je suis un pigeon”. La gentille dont le sourire semble vouloir dire “Ignorez-moi, je ne compte pas ; vos désirs, vos envies, vos priorités passent avant les miens, parce que je suis une merde”.

Alors, voilà, ce blog est pour MOI. Pour MES passions. Pour MES envies. Pour MES coups de coeurs et MES coups de gueule. Pour MES mots grossiers que je n’oserais jamais dire en public. Pour le MOI que vous ne rencontrerez pas IRL. Le moi MECHANT qui ne sort que quand je suis poussée à bout (deux fois en 29 ans, avec suffisamment de self-control malgré tout pour ne pas battre à mort une emmerdeuse qui, à ce jour, ne sait pas combien elle est passée près d’avoir mon stylo planté dans sa joue) et pour le moi NÉVROTIQUE dont la liste d’angoisses, de paniques et de comportements obsessionnels ne peut pas être mentionnée en société sous peine de me faire catégoriser comme folle. Pour le moi PAS SORTABLE. Ici, il peut sortir. Oh, bien sûr pas tout le temps. Somme toute, je suis vraiment une fille gentille. J’en ai juste marre que les gens prennent “gentille” pour un synonyme du mot “conne”.

Ah oui, à l’origine, je voulais juste faire un post, pour faire un pacte avec moi-même, qui serait que plutôt de poster à tort et à travers, dix fois par jour puis rien pendant un mois ou deux, je devrais publier deux fois par semaine. Je me disais le mercredi et le  dimanche, ce serait pas mal. Si j’arrive à m’y tenir. Si j’ai des trucs à dire. Si…

Allez, pas de “si”, sinon je n’y arriverais jamais. Mercredi et dimanche. C’est parti.








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