Je ne sais pas si ce sont les médicaments (à l’origine, des médicaments pour m’aider à dormir, parce que je ne dormais plus ou quasi) – mais franchement je suis pratiquement sûre que c’est les médicaments, un changement de comportement pareil, je doute que ce soit de la pure volonté, parce que si j’avais de la volonté, ça fait longtemps que ça se saurait – mais je me sens dans une forme relativement extraordinaire (pour moi, s’entend). Je suis éveillée dans la journée, enthousiaste, je bouge – pour de vrai, balade samedi après-midi entre Saint-Paul et Châtelet, avec visite de boutiques et petits achats (j’ai raconté ça à ma sœur, elle m’a répondu : « Mais qu’est-ce qui t’arrives ? »… Presque, elle m’aurait dit « Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de ma sœur ? »), retour dans une boutique mercredi soir pour récupérer une commande et la chose la plus fantastique, la plus inimaginable, la plus folle : je me suis ennuyée lorsque mes activités se sont réduites. Comment est-il possible que je m’ennuie ? Je ne m’ennuie JAMAIS ! Je suis ravie quand je n’ai rien à faire, je suis heureuse de m’affaler sur le divan à regarder des conneries à la télé, je suis contente de somnoler et de comater sans rien avoir à faire (même si un nombre incalculable de choses attendent en général mon attention – la vaisselle, la cuisine, la lessive, le ménage…).
Alors, je ne sais pas si ça va durer – avec le médicament – ou si ça va perdurer – sans le médicament – mais pour une fois dans ma vie, j’ai une vraie envie de faire des choses. Il faut que j’en profite, que toutes les activités que je vais faire pendant cette période deviennent une habitude, parce que je ne pense pas que ma psy soit tout à fait d’accord pour continuer à me prescrire ce truc à vie.
Et c’est là, mon dilemme… Cette envie de faire des choses nombreuses et diverses – il ne faut pas que, comme je le fais en général, je papillonne sans me poser. Il va falloir que je réfléchisse sérieusement à des activités qui me feraient vraiment plaisir, ou qui me font vraiment envie. Et là, comment savoir ? Comment savoir si ce qui me passionne aujourd’hui m’enthousiasmera autant demain ? Comment décider ?
Et je reste indécise avec mon ennui… Et je réfléchis…
Bon, avec un peu de chance, je vais pouvoir en discuter avec ma psy ce soir, je vais bien voir quelles alternatives elle peut me proposer. Lui dire aussi que je lui ai menti la semaine dernière au téléphone. Lui expliquer pourquoi. Je ne sais pas si ça va m’avancer à grand-chose pendant la séance, mais ça me donnera du grain à moudre dans la semaine et une base de réflexion. Ce n’est pas un changement de personnalité – moi restant malgré tout moi, je continue à faire des siestes après le boulot de temps à autres, à ne pas toujours faire la cuisine et à regarder des séries débiles à la télé… – mais j’ai l’impression d’être à un tournant dans ma vie où j’ai la vraie possibilité de choisir quoi faire, comment le faire et pourquoi le faire. Intéressant.
Allez kiss kiss.
NDLR : Après consultation avec ma psy, j’ai droit aux benzos que 3 mois. Mais il y a de grandes chances pour que “la levée de la pathologie anxiogène soit durable, de façon plus ou moins permanente” (sic).
© Groupe Hospitalier Cochin, Paris