Psychose, névrose, machin chose…

12 05 2009

Après m’être encore absentée de mon travail pendant une semaine (oui, bon, une semaine de trois jours) pour cause de malaises vagaux divers et variés et autres asthénies – en tout cas ce sont les raisons invoquées sur les arrêts de travail fournis par mon médecin – et après un entretien avec ma psy, qui m’a annoncé vouloir travailler davantage sur l’aspect diffus de mes angoisses récurrentes et de leurs « violentes manifestations somatiques » (sic) – en gros, j’angoisse sur rien de spécial donc je suis malade – j’en suis venue à faire quelques recherches. Et oui, Internet est vraiment un outil merveilleux pour ce genre de choses. Il y a quelques années, je serais restée dans le vague quand à ce qu’elle pouvait bien vouloir dire, en tout cas jusqu’au rendez-vous suivant – où, bien évidemment, je ne suis pas certaine qu’elle aurait répondu à ma question.

Internet, cher Internet, voilà ma question.

J’ai des symptômes qui ne correspondent pas à une maladie physique. Je ne fais plus vraiment des crises de panique (sauf en cas de panique, bien sûr), mais j’ai la régularité d’une horloge en ce qui concerne le fameux malaise vagal, soit étourdissements, nausées, pertes d’équilibre – mais sans perte de connaissance et les symptômes ont tendance à céder au repos (ce qui pourrait très bien dire que je suis une grosse larve qui n’a pas envie de se bouger le cul et qui préfère rester chez elle plutôt que d’aller travailler – la possibilité a été étudiée, mais je ne pense pas être une larve au point que mon corps se sente obligé d’être malade pour éviter le boulot). Je suis anxieuse et tendue, sans cause apparente – je veux dire autres que les causes apparentes habituelles, parce que les problèmes de sommeil, les cauchemars, ma mère… c’est du déjà-vu.

Internet, très cher Internet, quelle est ta réponse ?

Ouh, en voilà un truc qui colle bien : troubles de l’anxiété généralisée. Pas de cause réelle, pas vraiment de traitement garanti, pas sûr que ça disparaisse un jour. Rha, c’est tout moi, ça ! Faudrait que j’en parle à ma psy. Comme dirait P., enculol (j’en profite, c’est un mot pour lequel il a une tendresse particulière). Ma psy qui m’a d’ailleurs fait remarqué que les effets des benzo commençant à céder – oui, mon organisme est résistant à tous les médicaments qui pourraient être efficaces et me faire me sentir mieux, c’est hilarant – il reste une classe de médicaments qui pourraient être testées avec des effets positifs sur ma vie quotidienne, les neuroleptiques. Et quand on cherche un peu, c’est quoi exactement un neuroleptique. Ouh, ce sont des antipsychotiques. Y’a pas de doute, je vais bien dans ma tête.

Heureusement que j’ai réussi à convaincre P. qu’être atteinte d’une « maladie mentale » ne pouvait pas lui servir de cause pour une possible annulation de mariage – il en plaisante, le bougre – et que de toute façon, il savait déjà que j’étais un peu tarée sur les bords. Après cinq ans, c’était quand même difficile à rater. Et on a fêté nos six ans, il y a quelques jours. I’m lucky he loves me.

Bon, je prends pas Internet au pied de la lettre. Ben oui, je suis aussi une fille pleine de doutes. Et d’angoisses. Et de doutes. Et d’angoisses. Et de doutes. Et… Oui, oui, je m’arrête, tout le monde a compris.

Bientôt les vacances, j’ai pris deux semaines, ça va être parfait.

Kiss kiss.





P. est un amour

22 04 2009

hardy-boyz-exist-2-inspire

wwe-twist-of-fate-the-matt-jeff-hardy-storyMon mari chéri m’a acheté des cadeaux pour mon anniversaire. Qui est dans 3 longues semaines. Je l’aime. Je l’aime à la folie, parce que – contre une promesse de faveurs sexuelles hautement légendaires – il m’a laissé ouvrir mes deux paquets dans lesquels j’ai trouvé les deux choses ci-contre. De leurs débuts à leur gloire. Je suis trop contente.

Même si c’est idiot d’être fan à mon âge.

Kiss kiss.





Bad girl

21 04 2009

Oui, oui, je sais. J’avais dit dimanche et mercredi. Et nous sommes aujourd’hui mardi et je n’ai rien posté dimanche. Serais-je inconstante ? Quelle surprise…

Trêves de plaisanteries. Dimanche, c’était mon anniversaire de mariage. Un an. J’étais ravie, mais j’aurais dû me souvenir que me forcer à faire des choses parce que “ce sont les choses à faire”, ce n’est jamais une bonne idée. P. et moi avions décidé d’aller au restaurant pour fêter l’événement. Je pense que lui et moi aurions préféré rester tranquillement à la maison et nous faire livrer à manger, plutôt que de sortir. Mais resto. Et bien évidemment, j’ai fait une petite crise d’hystérie au resto (hystérie silencieuse et aux toilettes, parce que je suis malgré tout quelqu’un de poli qui n’aime pas déranger les gens autour de moi) sur un sujet idiot – les possibles prénoms de nos futurs enfants – conversation que je ne suis même pas sûre que nous aurions dû avoir, vu qu’on n’est pas d’accord. Ou qu’on n’a pas d’idées communes. Ou parfois pas d’idées du tout.

bebepleurEt c’est donc, ayant mangé simplement mon entrée et réussi la performance de vomir deux fois, tout en pleurant à chaudes larmes, le visage rouge et bouffi, les yeux explosés, que nous avons demandé l’addition au serveur sans prendre de dessert – pourtant ce que je préfère dans les repas. L’addition est arrivée dans la minute, mais le serveur lui a pris son temps pour venir encaisser l’ardoise. Au bout de dix minutes, l’attente m’a fait retrouvé mon calme et c’est debout à l’une de leurs caisses qu’une femme surprise a fini par prendre la carte bleue de P. A sa question “Tout s’est bien passé ?”, P. a répondu “Oui, oui, c’était parfait”. J’en aurais presque pouffé de rire. Le reste de la soirée, tranquille à la maison, tout va mieux.

Cela dit, on ne m’y reprendra plus. Maintenant, je ferais ce que j’ai envie de faire. Anniversaire, Noël ou Dieu seul sait quoi… ce que je veux. Si je ne veux rien faire, je ne fais rien. Na !

Allez kiss kiss.





Ma meilleure amie

5 04 2009

Pour tous les gens qui pensent que je n’ai pas d’amis (c’est pas faux), je tiens quand même à dire qu’il y a plus d’une dizaine d’années de cela, j’ai rencontré une sorte d’âme soeur amicale en la personne de C.

La rencontre a eu lieu en territoire étranger, dans la petite bourgade d’Hastings dont les particularités les plus étonnantes sont qu’elle n’est connue que pour être l’endroit où Guillaume le Conquérant – à l’époque Duc de Normandie de son état -  vint batailler pour devenir Roi d’Angleterre en 1066 (ce qui explique le nombre de francisations existantes dans notre belle langue britannique) et qu’elle recueille aujourd’hui bon nombre de jeunes en séjour linguistique venant apprendre la langue de Shakespeare avec plus ou moins de succès.

Comme chacune des mes vacances depuis que je partais sans mes parents (un certain nombre de colonies totalement infructueuses dont les activités variées s’étendaient du cirque – quel embarras -, de la musique – bien sûr, en plus de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse dans laquelle je devais pratiquer toute l’année scolaire, il n’était que justice que je me retrouve à trimballer ma flûte traversière en vacances, à croire que ce n’était pas des parents que j’avais, mais de cruels tortionnaires -  au poney – allez, quoi ! Je déteste les chevaux et la majorité des animaux à moins qu’ils ne soient petits et mignons, comment cela pouvait-il finir autrement que par le fait que je me fasse piétiner sous les sabots d’une de ces créatures de l’enfer engendrant ainsi une phobie totalement irrationnelle et ingérable ?), il fallait que mes géniteurs trouvent une occupation à cette chère tête blonde (une billevesée, moi n’ayant jamais été blonde de toute ma vie – même pas à la naissance, j’étais déjà brune, ou tout du moins chataîn foncé et jamais au grand jamais je n’aurais souhaité changer cela, même si un certain nombre d’études montrent que les blondes ont plus de succès avec les garçons car leur couleur de cheveux, naturelle ou non, se trouve être en minorité parmi les têtes brunes et que cela fait leur charme, mais moi je n’en crois rien. On peut tout juste argumenter qu’exposée régulièrement au soleil – ce que je ne fais plus, pour cause de lucite estivale – certaines mèches de mes cheveux virent au roux, mais jamais ô grand jamais au blond. Sérieux, faut pas déconner) et comme l’apprentissage des langues étrangères étant un univers trop théorique sur les bancs de l’école, il serait bon de me faire deux ou trois semaines au sein d’une famille typiquement anglaise (seul quelqu’un ayant eu ce genre d’expérience peut comprendre à quel point les mots “typiquement anglaise” peut aujourd’hui me faire frémir d’anxiété rétrospectivement) afin d’améliorer ma connaissance de la langue de ce voisin outre-manche.

NDLR : Oui, j’ai des périodes Marcel Proust, c’est-à-dire que – sans comparer mon style au sien, vu que j’écris comme une patate et lui comme un mec au cerveau grillé par l’acide autrement dit comme un génie de la littérature française – j’ai une légère tendance à avoir des envolées lyriques où la ponctuation devient le cadet de mes soucis et où le seul moyen de pouvoir me lire est de commencer par retirer mentalement toutes les parenthèses, tous les apartés et toutes les digressions pour voir la phrase telle qu’elle aurait dû être écrite avant que mes pensées ne viennent perturber le sens de mes paroles. Je sens que vous avez besoin d’un exemple, alors prenons la phrase ci-dessus. Tout y est indispensable, mais retirons le superflu ; par contre non, c’est le contraire tout y est superflu, mais retirons l’indispensable et ça donne :

“Comme chacune des mes vacances depuis que je partais sans mes parents, il fallait que mes géniteurs trouvent une occupation à cette chère tête blonde et comme l’apprentissage des langues étrangères étant un univers trop théorique sur les bancs de l’école, il serait bon de me faire deux ou trois semaines au sein d’une famille typiquement anglaise afin d’améliorer ma connaissance de la langue de ce voisin outre-manche.”

Bon alors, c’est certes plus simple, mais qu’est-ce qu’on se fait chier (et la concordance des temps qui, en temps normal est déjà loin d’être un de mes points forts grammaticalement parlant, est ici joyeusement jetée avec le bébé et l’eau du bain). Je digresse, c’est plus intéressant ; et si vous, lecteurs imaginaires, ne trouvez pas ça plus intéressant, allez donc vous faire foutre (écrivant ça, je m’imagine une bande lecteurs imaginaires assoiffés de sexe et qui poursuivent de leurs assiduités quelques lecteurs inexistants qui ont du mal à ne pas succomber à leurs pulsions primaires de s’accoupler afin de produire des lecteurs mi-imaginaires et mi-existants… où va le monde ?)

Scène :

Nous sommes en 2006, je viens d’avoir 16 ans. Je ne suis ni jolie, ni brillante, ni drôle, ni populaire. Je suis une fille de base, que la majorité des gens vont classer dans la catégorie “ouais, c’est une copine”, ou si j’ai de la chance “ouais, elle vient avec nous c’est une copine”. Je suis à Hastings pour trois semaines, je vis dans une famille “typiquement anglaise”, je me nourris de packed lunch (la pire nourriture qui soit) et j’attends que le temps passe au milieu de filles et de quelques garçons dont j’ai fait la connaissance. Vivement que je rentre à la maison.

Il y a une fille en particulier. Une fille dont tout le monde parle. En mal. Une fille dont je n’ai pas fait la connaissance, je n’en entends que les ragots qui ne sont pas flatteurs. Elle s’appelle C. Elle danse toute seule, en pleine rue, au son d’une musique que personne ne peut entendre. Je crois que c’est ça qui m’a le plus marqué. Elle danse et elle sourit. Son sourire est assez triste, mais elle a l’air de se foutre de tout et particulièrement de tout ce que les gens peuvent penser d’elle.

Je la regarde rarement. Mon but à moi, c’est de me fondre dans la masse. Je ne veux pas que les gens me remarquent, qu’ils me regardent. Je ne veux pas être différente. Et malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à rentrer dans ce moule dans lequel se sont glissés tous ces autres, je suis toujours un peu à l’écart, toujours “ouais, c’est juste une copine”. Je n’appartiens pas au groupe, je n’en fais pas partie. Et ça me rend triste aussi.

C. et moi ne nous sommes jamais parlé. Jusqu’à ce jour où les activités du séjour ont été annulées sans prévenir. Le bus nous a ramenées dans nos familles, et on descend au même arrêt, nos “familles” respectives habitent à quelques rues l’une de l’autre. Je ne sais pas comment elle se sent, mais moi je suis gênée. Je ne sais pas quoi dire, et en plus j’ai le mauvais pressentiment qu’il n’y aura personne dans ma “famille” – après tout, je ne suis pas censée rentrer à cette heure-ci, mais bien plus tard dans l’après-midi. Je ne sais pas si elle l’a senti, mais elle a proposé de m’accompagner jusqu’à ma porte. J’ai sonné plusieurs fois, j’ai cogné plusieurs fois le heurtoir contre la porte – sans réponse. Je m’attendais à passer l’après-midi assise sur perron, quand C. me propose de l’accompagner dans sa famille, afin de les prévenir qu’elle est rentrée, prendre quelques affaires et ressortir, pour rester avec moi. Je suis un peu hébétée, mais je la suis. Nous avons fini par passer l’après-midi ensemble : nous avons parlé, parlé, parlé… REM, Daniel Pennac, ma vie, la sienne. Je ne me souviens que de cela. Mais elle m’a raconté récemment ce dont elle se souvient du lendemain. Le lendemain, en montant dans le bus – pour une nouvelle journée d’aventures palpitantes dans le monde de l’apprentissage de l’anglais – elle était comme toujours assise seule devant. Tout le groupe était à l’arrière. Je suis montée, je l’ai regardée et une fille au fond m’a interpellée pour que je vienne avec eux. Et j’ai répondu : “Non, aujourd’hui je m’assois avec C.” Aujourd’hui, ça ne paraît rien, mais ce jour-là c’était tout. Ce jour-là, je l’ai choisie, elle contre le reste du monde. Et je me suis assise à côté d’elle. On ne s’est plus quittées des quelques jours qu’il nous restait avant de repartir en France.

Aujourd’hui, on est mariées toutes les deux à deux mecs bien et on vit dans des endroits très différents. Mais c’est toujours ma meilleure amie.

C. je t’aime.








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